Sommaire
ToggleLe défi des vérifications tardives
La solution SAP Document and Reporting Compliance (DRC), opérant intégralement sur le cloud, est conçue pour satisfaire les normes françaises de transmission de données fiscales, de contrôle de la qualité et de reporting électronique obligatoire. Elle est compatible avec les réglementations de plusieurs pays européens dont la Belgique et l’Italie, et permet une connexion directe avec les administrations fiscales tout en s’intégrant parfaitement aux systèmes SAP existants.
Dans le cadre de la facturation électronique, le processus implique une séquence d’actions bien définie : création du document via le système SAP, inspection et transmission par le DRC, envoi vers le futur réseau Peppol, puis remise aux autorités fiscales concernées. SAP inclut des fonctionnalités de vérification intégrées pour assurer l’exactitude des données, telles que le numéro de TVA intracommunautaire, les numéros SIREN et SIRET, et d’autres informations clés.
Les limites des contrôles existants
L’expérience en Belgique montre une faiblesse majeure : lorsqu’une erreur est identifiée, la facture a déjà été émise et comptabilisée. Il est alors nécessaire d’annuler et de réémettre la facture, un processus qui prend du temps et est sujet à erreurs. De plus, la collecte des informations manquantes demeure une tâche manuelle.
Une solution novatrice à ce problème consiste à utiliser l’intelligence artificielle en amont pour sécuriser et compléter automatiquement les données avant leur validation finale.
Trois identifiants essentiels et les défis associés
La nouvelle règlementation sur la facturation électronique exige l’identification des clients à l’aide de trois numéros spécifiques : le SIREN, le SIRET, et le numéro de TVA intracommunautaire. Cela soulève des questions importantes : la base de données clients est-elle complète et à jour ? Comment la mettre en conformité sans engager des ressources importantes ?
Les vérifications manuelles des annuaires fournis par l’État sont non seulement chronophages mais également susceptibles d’engendrer des erreurs.
Un assistant IA pour automatiser les vérifications
Une solution a été développée sous forme d’un assistant IA hébergé sur la SAP Business Technology Platform (BTP), qui automatise les vérifications fastidieuses. Cet assistant travaille en cinq étapes, commençant par la détection automatique de la facture, suivie de la vérification des données du Business Partner, y compris le numéro de SIREN. L’assistant interroge ensuite l’API AIFE pour obtenir les informations nécessaires et prend des décisions basées sur les données collectées.
Si les données sont cohérentes, la facture passe au vert et continue son processus. En cas d’incohérence, une nouvelle vérification est lancée basée sur la raison sociale et le code postal, avec une classification des suggestions de SIREN par zone géographique ou code NAF.
Des résultats qui parlent d’eux-mêmes
Lors d’une démonstration, cinq factures ont été analysées simultanément. La première a été complètement validée, les informations étaient correctes. Pour la deuxième, il manquait un SIREN : l’outil a alors classé les suggestions de l’AIFE selon leur pertinence géographique et sectorielle.
La troisième révélait une entreprise non existante dans l’annuaire, ce qui rendait la facturation impossible. La quatrième concernait une pharmacie fermée, nécessitant un blocage de la facturation. La cinquième a détecté une incohérence entre la raison sociale et le SIREN, vraisemblablement due à une erreur initiale lors de la saisie des données du Business Partner.
L’intelligence artificielle au service des processus d’entreprise
L’objectif est d’intégrer cet agent directement dans les applications Fiori. Lors de la création ou de la modification d’un Business Partner, une option supplémentaire permet de demander à l’assistant de vérifier les informations saisies et de confirmer l’existence de l’entreprise concernée.
Cette démarche transforme l’IA en un assistant quotidien pour les équipes commerciales et comptables, intégrant sans heurt leurs routines de travail.
Les développements futurs visent à enrichir progressivement les fonctionnalités de l’assistant, avec à court terme l’intégration SSO dans SAP Fiori Launchpad et la mise à jour automatique des modifications de SIREN approuvées dans le système en arrière-plan.
Transformer une contrainte en opportunité
L’obligation de la facturation électronique est bien plus qu’une simple contrainte réglementaire ; c’est une chance de repenser les processus, de sécuriser les données et d’automatiser intelligemment les vérifications.
En mariant la robustesse de SAP Document and Reporting Compliance avec la puissance de l’IA générative hébergée dans la BTP, les organisations disposent désormais d’une solution qui anticipe les erreurs plutôt que de simplement les corriger après coup.
L’expérience belge valide cette approche. Avec l’échéance de septembre 2026 qui se rapproche, il ne s’agit plus de savoir si il faut se conformer, mais comment le faire de manière intelligente, en transformant cette obligation en un levier d’amélioration de la qualité des données et de l’efficacité des processus.
Ce cas d’utilisation illustre parfaitement comment l’IA générative apporte une valeur ajoutée concrète et mesurable : gain de temps grâce à l’automatisation des tâches répétitives, réduction du risque d’erreur avec les contrôles anticipés, amélioration de la qualité des données grâce à l’assainissement progressif du référentiel clients, et conformité assurée dès septembre 2026.
Plus largement, cette approche démontre la puissance de SAP BTP comme plateforme d’innovation. Bien que les agents IA natifs ne répondent pas encore à tous les besoins, les entreprises peuvent développer leurs propres agents métier adaptés à leurs processus spécifiques.
L’IA générative appliquée à la facturation électronique n’est pas le futur : elle est déjà une réalité pour ceux qui ont choisi d’anticiper.





