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ToggleLE CONTEXTE
De HEC à la pointe de l’économie du partage
À 24 ans, Marc-Arthur Gauthey lance Cup of Teach avec Mathieu Seguin, un partenaire rencontré dans le réseau des écoles de commerce, ce dernier ayant étudié à Epitech et à l’ESSEC. C’était en 2011, une époque où l’économie collaborative était encore embryonnaire, Airbnb débutait tout juste et Instagram venait de naître. Leur concept ? Une plateforme permettant l’échange de connaissances entre individus, sous la belle devise d’« apprendre ensemble ».
Dès son lancement, le projet est un succès. La newsletter My Little Paris le présente et suscite un engouement immédiat. Marc-Arthur se retrouve rapidement sous les feux des projecteurs, participant à des panels sur la digitalisation de l’économie et cité comme référence dans les débats sur l’entrepreneuriat, notamment lors des rencontres orchestrées par Fleur Pellerin en amont de la création de la French Tech.
À 25 ans, il est même invité à l’Élysée pour partager son expérience entrepreneuriale. « Le succès semblait à portée de main », se remémore-t-il, non sans une pointe d’ironie. Ce succès fulgurant s’explique par plusieurs facteurs : des valeurs portées avec conviction, une esthétique engageante, une utilisation astucieuse des réseaux sociaux naissants, et surtout une promesse en résonance avec les besoins de formation de l’époque. Leur start-up devient un modèle d’attraction médiatique.
LE FAIT
Un modèle économique, le talon d’Achille de l’histoire
En coulisses, les difficultés s’accumulent. Cup of Teach peine à générer des revenus significatifs. Sans levée de fonds initiale et avec des ressources personnelles limitées des fondateurs, les options sont réduites pour permettre un pivot stratégique nécessaire. « Avec un financement, nous aurions pu explorer et affiner notre marché », admet Marc-Arthur.
La situation devient vite critique. Mathieu doit rembourser un prêt étudiant et, sans salaire suffisant de la start-up, il est contraint de trouver un emploi. Les intérêts divergent rapidement et la situation s’effondre en trois semaines. La séparation est douloureuse et rapide.
Marc-Arthur observe alors la réussite de personnes comme Fred Mazzella de BlaBlaCar, qui a su persévérer grâce à une traction continue, même sans modèle de monétisation établi. Il en conclut que sans une croissance d’usage, la patience n’est pas suffisante. « Il fallait pivoter, et non pas seulement attendre ». La leçon est clear : la visibilité médiatique ne compense pas un modèle économique faible.
LE REBOND
Changer de cap, pas seulement de modèle d’affaires
Après Cup of Teach, Marc-Arthur ne s’arrête pas là. Il conserve une technologie développée avec Mathieu et initie les Journées du patrimoine des start-ups, qui deviennent Startup Assembly, connaissant un succès grandissant avec l’appui de partenaires majeurs.
Entre 2013 et 2014, il s’associe avec le ministère de l’Économie et BPI France pour créer le premier festival de la French Tech. Parallèlement, il co-fonde OuiShare, une communauté explorant l’économie des plateformes et collaborative. Jusqu’en 2017, il multiplie les initiatives, préfigurant ce que sera la French Tech.
Son parcours prend un tournant personnel en 2017, lorsqu’il décide de voyager autour du monde avec sa future épouse. De retour, il s’installe à Marseille et intègre SOS Méditerranée comme directeur de la communication. Moins de deux ans plus tard, il quitte cette fonction, épuisé par les défis rencontrés.
DEPUIS…
La Fabrique by CA, un nouveau défi
Marc-Arthur est désormais à Paris, travaillant pour La Fabrique by CA, le studio de startup du Crédit Agricole, où il aide à développer une dizaine de fintechs. Son rôle est de faire le pont entre l’écosystème technologique et un groupe bancaire centenaire.
Il met en avant son réseau et sa capacité à naviguer dans des environnements complexes. « On ne s’attend pas à ce que je joue tous les rôles que j’ai tenus en tant qu’entrepreneur », admet-il. Si certaines de ses compétences sont en sommeil, il apprécie désormais une meilleure qualité de vie.
La passion entrepreneuriale brûle toujours en lui. « Je pense encore à entreprendre », partage-t-il, conscient toutefois des défis et des sacrifices que cela implique. L’expérience lui a appris à reconnaître ses limites, et à les dépasser ailleurs.
Le CONSEIL : « Il n’y a pas de honte à arrêter. Tu n’es pas ton travail ni ta société. Prends du recul par rapport à LinkedIn et aux réseaux sociaux qui peuvent être toxiques. Et si tu es vraiment à bout : consulte un psy. »
Cet article sur Marc-Arthur Gauthey, Visible mais non viable, est publié sur Beaboss.fr, le site des dirigeants de petites et moyennes entreprises.





