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ToggleLa transmission d’entreprise : un passage de relais inachevé
La transmission d’entreprise ne signifie pas nécessairement un départ complet pour les dirigeants. C’est ce qui ressort de la seconde édition du Baromètre de la transmission des entreprises familiales, menée par EY, For Talents, FBN France et OpinionWay. Bien que 87 % des dirigeants interrogés aient entamé un processus de transmission, seulement 6 % affirment s’être complètement retirés du pouvoir et du capital.
Les entreprises familiales jouent un rôle crucial dans l’économie française, représentant 71 % de toutes les entreprises, 69 % des emplois, et 65 % du PIB national, d’après les chiffres cités dans l’étude. Avec le vieillissement des dirigeants, la gestion de la transition entre générations devient essentielle pour la continuité économique.
La distinction entre posséder et diriger
La majorité des dirigeants, soit 82 %, préfèrent passer le flambeau à un membre de leur famille, et dans 70 % des cas, le successeur est destiné à devenir le directeur général. Cette tendance à la transmission intrafamiliale semble perpétuer de génération en génération puisque 88 % des nouveaux dirigeants envisagent de transmettre à leur tour l’entreprise.
Toutefois, il existe un écart notable entre l’intention de transmettre et l’acte de transmission effective. Alors que 39 % des dirigeants ont déjà vendu une partie de leur capital, seuls 6 % se sont totalement retirés. De plus, 68 % désirent garder un rôle officiel dans l’entreprise après la transmission, dont 55 % au sein de ses organes de gouvernance.
Cette implication continue peut entraver l’autonomie de la nouvelle génération. 39 % des successeurs estiment que la présence continue de l’ancien dirigeant limite leur capacité à assumer pleinement leurs responsabilités.
Le défi de la retraite pour les dirigeants
La difficulté pour les dirigeants de se retirer de leur rôle est également une question personnelle. Pour un entrepreneur qui a dédié des décennies à son entreprise, transmettre ne se résume pas à céder des parts ou un titre, mais implique de renoncer à un rôle qui a souvent défini une grande partie de leur vie.
Le pourcentage de 63 % des dirigeants n’ayant aucun plan post-transmission illustre bien l’importance de l’aspect émotionnel, souvent plus significatif que les barrières juridiques, fiscales ou financières.
Les craintes sont également présentes des deux côtés : 42 % des transmetteurs redoutent de laisser un fardeau, et 28 % craignent des tensions familiales. Du côté des repreneurs, 65 % ont peur de ne pas être à la hauteur et 41 % s’inquiètent des conflits familiaux.
En outre, un manque de préparation est évident, l’âge moyen de transmission étant de 66 ans, tandis que 57 % des successeurs mentionnent un plan de transmission envisagé mais non formalisé.
La relève aspire à l’innovation
Contrairement à l’idée reçue, la transmission ne se limite pas à une simple passation de pouvoir. L’étude révèle que 74 % des nouveaux dirigeants initient un projet stratégique différent de celui de leurs prédécesseurs, avec un accent particulier mis sur l’innovation et la digitalisation, citées par 65 % des personnes interrogées.
Cette nouvelle dynamique se manifeste aussi dans les résultats économiques : 57 % des successeurs rapportent une croissance du chiffre d’affaires suite à la transmission, dont presque la moitié mentionne une hausse supérieure à 20 %. L’étude note également des créations d’emplois et une amélioration de la gouvernance.
Ainsi, la transmission s’avère moins la conclusion d’un parcours entrepreneurial qu’un nouveau départ. Cependant, cela nécessite que le transmetteur accepte véritablement de céder sa place.
Car au-delà des stratégies fiscales, des montages patrimoniaux et des questions de gouvernance, le véritable enjeu reste simple : comment céder son entreprise sans continuer à la diriger ?
Méthodologie : enquête réalisée par OpinionWay du 15 avril au 15 juin 2026, auprès de 222 dirigeants d’entreprises familiales, dont 134 transmetteurs et 88 repreneurs, complétée par 13 entretiens qualitatifs.
Article original publié sur Beaboss.fr, le site dédié aux dirigeants de petites et moyennes entreprises.





