Contraction du marché de l’emploi français selon Indeed
Une récente analyse d’Indeed révèle un ralentissement marqué sur le marché du travail en France. Depuis le sommet atteint en décembre 2022, le nombre d’offres d’emploi a chuté de moitié, retombant sous les niveaux observés avant la crise sanitaire. Dans un climat économique précaire, avec une croissance abaissée à 0,8 % selon les prévisions de l’OCDE, les entreprises sont contraintes de modérer leurs recrutements, influencées par un climat d’incertitude et l’escalade des coûts opérationnels.
L’intelligence artificielle: une tendance en contre-courant
Parallèlement, une tendance opposée émerge avec une augmentation rapide des offres d’emploi intégrant l’intelligence artificielle. Bien que la France soit encore à la traîne avec seulement 3,4 % des offres mentionnant l’IA, contrairement au Royaume-Uni ou aux États-Unis, une dynamique positive commence à se faire sentir. L’IA fait son chemin dans divers secteurs tels que l’informatique, la finance, le marketing et les ressources humaines, s’étendant même aux postes traditionnellement considérés comme « cols blancs ».
Un clivage générationnel face à l’IA
Cette évolution technologique met en lumière un fossé générationnel significatif. La génération Z se distingue comme la plus grande utilisatrice de l’IA, avec 14 % l’utilisant quotidiennement et de manière variée. En revanche, plus de la moitié des baby-boomers et de la génération X affirment ne jamais utiliser ces technologies.
Ironiquement, cette familiarité avec l’IA est source d’anxiété parmi les jeunes actifs. Près de 40 % craignent que l’IA ne remplace leur poste ou celui d’un collègue, un sentiment beaucoup moins présent chez leurs aînés, avec seulement environ 20 % d’entre eux partageant cette inquiétude. Cette perception est probablement due à une meilleure compréhension du potentiel disruptif de ces outils chez ceux qui les utilisent régulièrement.
Impact macroéconomique limité mais enjeux individuels significatifs
À court terme, l’impact de l’IA sur l’économie globale reste modeste. D’après l’INSEE, l’apport de l’IA à la croissance économique ne devrait être que de +0,1 point en 2025. Toutefois, sur le plan individuel, la maîtrise de ces technologies s’avère déjà cruciale, constituant un levier de productivité et potentiellement un avantage compétitif sur un marché tendu.
Une question demeure : dans un contexte de rétraction du marché de l’emploi, l’IA va-t-elle équilibrer les opportunités ou accentuer les disparités ?
Méthodologie de l’étude
Cette analyse est basée sur les données collectées via une enquête en ligne, l’« Indeed Workforce Insights Survey », réalisée pour Indeed Hiring Lab par YouGov dans huit pays, incluant l’Australie, le Canada, la France, l’Allemagne, l’Irlande, le Japon, le Royaume-Uni et les États-Unis. L’enquête a été menée en mai et juin 2025, recueillant au total 80 936 entretiens à l’échelle mondiale, avec un minimum de 10 000 entretiens par marché. La marge d’erreur est de ±1 % avec un niveau de confiance de 95 % pour chaque marché. Seuls les répondants en emploi (temps plein, temps partiel, ou indépendants) ont été inclus. L’échantillonnage était aléatoire et représentatif, et toutes les réponses ont été ajustées pour tenir compte de l’âge, du sexe, du niveau d’éducation et de la région dans tous les marchés examinés. Les outils d’intelligence artificielle sont définis comme toute technologie utilisant l’IA pour faciliter des tâches spécifiques, incluant assistants virtuels, moteurs de recherche, chatbots, systèmes de recommandation ou outils d’analyse prédictive.
Cet article intitulé « IA : eldorado ou machine à exclure ? » est publié sur Beaboss.fr, le site destiné aux dirigeants de petites et moyennes entreprises.





