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MEDADOM vise à dominer la téléconsultation européenne !

Kiosque de téléconsultation anonyme dans une pharmacie, patient interagissant au comptoir

Elie-Dan Mimouni et la discrétion sur les chiffres de MEDADOM

Interrogé sur les performances financières de MEDADOM, Elie-Dan Mimouni reste évasif : aucun chiffre d’affaires dévoilé, aucune évaluation de l’entreprise, pas même un détail sur le montant des fonds récemment levés. Toutefois, il s’anime lorsqu’il s’agit de décrire l’ascension de son entreprise au sein de l’écosystème de la télémédecine en France. MEDADOM n’a pas émergé du désir de créer une start-up branchée, mais d’une réalité tangible relevée par un médecin urgentiste.

Le constat initial était alarmant : des centaines de patients saturant les urgences, faute de pouvoir consulter un généraliste. En 2017, Elie-Dan Mimouni, médecin, s’associe à Nathaniel Bern, ingénieur de l’École Polytechnique. Mimouni apporte son expertise du secteur de la santé tandis que Bern développe la plateforme technologique. Ils optent rapidement pour une stratégie audacieuse : « Nous avons réalisé que les patients se trouvaient principalement dans les pharmacies. »

Une approche originale et stratégique

À cette époque, la majorité des initiatives se concentraient sur des applications mobiles. MEDADOM, en revanche, a décidé de prendre un chemin bien plus complexe. L’entreprise a mis en place une plateforme numérique, des kiosques de téléconsultation dans les pharmacies et a constitué son propre réseau de médecins.

Kiosque de téléconsultation installé dans une pharmacie, écran et siège visibles
MEDADOM a installé des kiosques de téléconsultation dans des pharmacies pour rapprocher les soins des patients.

Ce modèle hybride est aujourd’hui son plus grand atout concurrentiel. Environ 6 000 pharmacies françaises sont équipées de ses dispositifs, ce qui représente à peu près une pharmacie sur quatre dans le pays. De plus, près de 2 000 médecins généralistes sont partenaires de l’entreprise, permettant à la majorité des Français d’obtenir une consultation médicale en moins de quinze minutes. « Nous avons combiné le logiciel, le matériel et une équipe médicale, une synergie que nous ne retrouvons pas ailleurs en Europe. »

Plus qu’une start-up, une entreprise de santé

L’adoption de la téléconsultation a été accélérée par la pandémie de Covid-19. Cependant, contrairement à d’autres acteurs émergents durant cette période, MEDADOM a continué à investir dans ses ressources après la crise. L’entreprise a structuré ses équipes, développé ses technologies et a été la première à recevoir l’agrément du ministère de la Santé pour la téléconsultation, un gage de sécurité, d’éthique et de qualité médicale.

Équipe médicale au siège travaillant sur des écrans et outils numériques
Au siège, les équipes techniques et médicales développent la plateforme et assurent le support.

Au siège parisien, environ 140 employés s’attellent à diverses fonctions clés : développement logiciel, support médical, aide aux pharmacies, logistique. Tout est géré en interne, comme le souligne le fondateur : « Nous faisons tout nous-mêmes. » Cette gestion complète explique l’intégration récente de deux nouveaux investisseurs : le fonds nordique Verdane et Bpifrance Large Venture, consolidant ainsi l’empreinte française de l’entreprise.

Des ambitions qui traversent les frontières françaises

Alors que MEDADOM équipe déjà les pharmacies, l’entreprise ne cesse de planifier l’avenir. Elle déploie des solutions de télé-ophtalmologie chez les opticiens, initie des services de télé-expertise en dermatologie et envisage d’autres spécialisations. L’entreprise embrasse également une stratégie de consolidation : « Notre but est de devenir un leader français, puis européen, de la téléconsultation. »

La croissance externe est également au programme. Selon le cofondateur, le marché, fragmenté suite au Covid, entre dans une phase de concentration et MEDADOM souhaite y jouer un rôle prépondérant. Lorsque la conversation se tourne vers Doctolib, Elie-Dan Mimouni écarte toute comparaison, affirmant que MEDADOM et Doctolib ne jouent pas sur le même terrain.

Doctolib organise les agendas des médecins tandis que MEDADOM aspire à devenir un nouveau point d’accès au système de soins. L’objectif n’est pas nécessairement de devenir la prochaine grande licorne française mais de construire une infrastructure qui permettra à des millions de Français d’accéder à des soins médicaux, quel que soit leur lieu de résidence. Une ambition qui pourrait bien, en fin de compte, mener à la création d’une licorne.

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